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Moulay Rachid ben Abdallah ben Rachid
Ben Mehdi (1905 – 1980)

Moulay Rachid ben Abdallah Ben Rachid Ben Mehdi, est né en 1905 à Meknès, derb Laâdoul en face de la grande mosquée. Il appartient à ce qu’on pourrait appeler la branche intellectuelle de la famille des menouni qui a, depuis sidi Ali Menoune, c'est-à-dire le XVème siècle, donné tant de lettrés et de savants à notre pays.

Il a fait ses études d’abord à Meknès auprès du grand historien de la ville que fut Benzidane. Dans ses études il fit preuve d’un esprit studieux, d’une intelligence vive et d’une grande mémoire qui le distingua parmi ses condisciples. Il fut en particulier chargé, avec son camarade de cours Laraïchi, de prendre la parole lors des funérailles de son maître Benzidane. Il lut à cette occasion une poésie qui tout en exhalant la tristesse du disciple qu’il était, mettait en relief les qualités scientifiques et pédagogiques de l’historien défunt.

Cette période d’études pré-supérieures fut une phase trouble de l’histoire de notre pays, marquée notamment par les premières manifestations nationalistes. Moulay Rachid s’engagea dans ce mouvement, notamment au sein de lharaka Al Kawmiya du leader nationaliste Ben Hassan Al Ouazzani. Il fut parmi les signataires en 1937 du manifeste de protestation contre le détournement par le Protectorat des eaux de l’oued Boufekrane de Meknès au profit des colons de la région. De même il écrivit quelques articles dans le journal nationaliste proche de Lharaka Al Kawmiya, notamment sur l’éducation en tant que moyen stratégique de prise de conscience du peuple marocain dans le chemin de son émancipation.

Ses études terminées à Meknès, il s’inscrivit à l’université Karawiyine de Fès, ville d’où était native sa mère, et qui lui décerna le diplôme de Al alimiya.

Suivant les conseils qu’il reçut de son père sur son lit de mort, il écarta la profession d’adoul (notaire) pour s’engager dans l’enseignement et créa à Meknès à la frontière de la Médina et du nouveau quartier de Rouamzine, plus exactement à la rue Hamam Jdid, près de Bab Aïssi, un établissement d’enseignement qui tentait au niveau pédagogique d’allier la culture coranique et l’enseignement moderne en arabe. Il fut l’un des premiers à admettre les filles dans ses cours. Il eut l’honneur en 1946 de recevoir, dans son établissement la visite de Feu Sa Majesté Mohamed V, alors en visite à Meknès. Le monarque marocain qui prenait la direction effective du mouvement national le félicita pour ses méthodes pédagogiques et l’initiative qu’il avait prise d’admettre les élèves des deux sexes dans son établissement.

Quelques années plus tard, il rejoignit l’enseignement officiel et professa à l’école de sidi Amar, où il passa la plus grande partie de sa carrière.

Il participa ainsi à la formation de l’élite marocaine et eut parmi ses élèves certains de ceux qui brillèrent à des postes de direction intellectuelle à l’exemple de Monsieur Ben Abdeljalil qui fut l’un des premiers recteurs de l’Université Mohamed V.

Il laissa derrière lui des souvenirs de l’enseignant doué, de l’homme affable et respectueux des autres, du bon père de famille. Il mourut en 1980. Que Dieu ait son âme.

Sa petite famille était composée de son épouse Lala Kenza Lamrani et de ses enfants : Moulay Ahmed, Sidi Mohamed, Abdeltif, Khadija et Oumama.

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